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LE CONSEIL EXTRAORDINAIRE DES MINISTRES.FACE AU ''DÉSORDRE DANS LE GOUVERNEMENT, LE GÉNÉRAL ENVISAGE UN PROFOND RÉMANIEMENT.
Un conseil extraordinaire annoncé en grande pompe avec gravité au début de la semaine dernière s’est finalement tenu le jeudi 23 juin 2005. La suite de ce conseil, au cours duquel le Général, manifestement déçu et colérique, a sermonné ses ministres, annonce un profond remaniement gouvernemental. Il faut dire que ce conseil extraordinaire des ministres avait été d’abord annoncé pour la soirée du mardi 21 juin, puis pour la soirée du mercredi 22 avant de finalement se tenir le jeudi 23 juin 2005 sous la présidence du Chef de l’Etat, le Général Lansana Conté lui-même.
Quand on sait que ce dernier, contrairement à la pratique universelle admise, a fait imposer le principe de bi mensualité du conseil des ministres et que même ce programme ne soit pas respecté, les observateurs ne pouvaient que focaliser leur attention sur la convocation par le chef de l’Etat d’un conseil extraordinaire des ministres. Surtout au moment où le fonctionnement correct et normal du gouvernement est fortement paralysé par des conflits opposant des intérêt personnels, la guerre des clans et ce que le Général qualifie lui-même de ‘’désordre’’.
Matérialisé, ces derniers temps, par des oppositions voilées ou manifestes entre les ministres d’un même gouvernement, le ‘’désordre’’ au sein du gouvernement a certainement alerté le Général Lansana Conté sur les risques de crise qu’il représente pour son pouvoir. Si la cacophonie autour du mode d’attribution de la 4ème licence GSM opposant le ministre des PTT au gouvernement a débordé du cadre interne pour se retrouver sur la place publique ou dans la rue, d’autres incohérences, actes et attitudes d’insubordination ou de défiance non connus de l’opinion semblent être signalés au Général.
Tout comme la course à l’enrichissement personnel et des cas, réels ou présumés, de corruption dont se livreraient plusieurs hauts cadres de l’Etat. Bref, au moment où le pays subi la crise socioéconomique la plus aiguë de son histoire avec la hausse effrénée des prix d’achat des devises (le dollars à 4 600 FG, l’euro à 5 025 FG le samedi 25 juin), la flambée record des prix des denrées de première nécessité (riz = près de 100 000 FG le sac) et des produits de consommation, où les syndicalistes menacent de descendre dans la rue, le Général Lansana Conté, loin d’être au mieux de sa forme, s’est montré très excédé de constater que son gouvernement en lieu et place de l’efficacité a préfère distraire et nourrir les populations par les conflits internes de ses membres engagés dans une logique de profit personnel.
Cette situation, qui ressemble à une démission face à ses responsabilités, a conduit le Général a exhibé la menace d’un pur et simple limogeage collectif du gouvernement. « Je ferai venir d’autres Guinéens civils et militaires » a lancé un Général particulièrement en colère. Il faut dire ce conseil extraordinaire sur lequel les ministres ont opté pour le mutisme (pouvaient-ils faire autrement dans la mesure où ils n’ont pas été ménagés par leur patron, le Fénéral ?) a été suivi le même jeudi par le conseil interministériel ordinaire des jeudis à la primature.
Entre eux, les ministres ont fait pression sur leur collègue des PTT Jean Claude Sultan afin qu’il s’aligne sur la décision du conseil interministériel favorisant l’ouverture des négociations avec SONATEL dans la perspective de l’attribution de la quatrième licence de téléphonie mobile GSM avant le lancement de tout nouvel appel d’offres. Jean Claude Sultan a accepté ce principe mais exigerait le remplacement du président de la commission Ibrahima Camara qu’il accuse d’avoir produit deux conclusions contradictoires d’un même rapport à l’origine de la crise et de la cacophonie.
En attendant, le gouvernement, pour sa part, a fait la concession qui place cette commission interministérielle de négociation sous l’autorité du ministre des PTT. Cet accord devait être signifié au chef de l’Etat qui s’est gardé de trancher sur cette question. Mais, selon certaines indiscrétions provenant de l’entourage non officiel présidentiel, le Général Lansana Conté pense déjà à un profond remaniement ministériel.
Dans cette logique, dit-on, il a même entrepris des consultations pour tenter de trouver la meilleure stratégie gouvernementale possible face aux crises qui minent le pays. Il est impossible, dit-on, qu le gouvernement, dans sa forme actuelle, déchiré par des antagonismes personnels profond, soit capable produire de l’équilibre et l’unité d’action nécessaires pour retrouver l’efficacité recherchée et faire face aux innombrables problèmes qui assaillent les populations guinéennes. A ce titre, des sacrifices s’imposent. Il semble que cette analyse est aujourd’hui la conviction du Général. A suivre.
Abdoulaye CONDÉ
PRIMATURE :PTT À QUAND LA FIN DE LA CACOPHONIE ?
Au moment où nous bouclions cette édition, le chef de l’Etat, apparemment, n’avait pas encore tranché entre le Premier ministre et le ministre des Postes et télécommunications au sujet de la quatrième licence GSM. La Sonatel, à laquelle il a été notifié l’attribution de cette licence, a envoyé mardi 14 juin une mission à Conakry une délégation qui a eu des discussions avec la cellule de privatisation dirigée par Ibrahima Camara. Officiellement, nul ne sait encore le contenu de l’accord entre la société sénégalaise et ses interlocuteurs guinéens. Mais, la SONATEL, sans doute, a cherché à s’enquérir de la situation après le lancement, par le ministère des PTT, de l’appel d’offres alors qu’il lui était notifié qu’elle avait été retenue pour cette quatrième licence.
Cette mission a quitté Conakry vendredi 17 juin sans que l’on ne sache exactement si elle repart satisfaite ou pas. Mais, il semble que la mission de la SONATEL reviendra le 27 juin prochain. Alors que cette mission séjournait à Conakry et négociait avec la cellule de privatisation, le ministère des PTT, qui s’estime être seul habilité à délivrer une licence, s’en tient lui à son appel d’offres et à son chronogramme. Si l’appel d’offres a été interdite de diffusion sur les antennes de la RTG, le département des PTT a déjà engagé la procédure de vente des cahiers de charge (20 millions de GNF non remboursables). Même la version CD ROM du cahier des charges, dit-on, est disponible. Pour le premier jour (lundi 20 juin) d’achat du cahier des charges de l’appel d’offres, quatre sociétés intéressées, dit-on, étaient annoncées. Comme on le voit donc, la cacophonie règne toujours et l’on ne sait pas finalement qui peut décider ! Le dernier recours, c’est le Général-président qui, pour le moment, observe ses ministres dans leur passe-d’armes. Et l’on sait que le général est d’une patience légendaire.
A quand donc la fin de cette cacophonie ? En attendant, les observateurs continuent d’accabler le président de la commission interministérielle Ibrahima Camara, accusé d’être l’auteur de deux conclusions différentes pour un même rapport daté de 12 avril 2005. Ces deux conclusions, dit-on, sèment aujourd’hui la confusion. Dans la première conclusion demandant ‘’le lancement d’un nouvel appel à concurrence’’, il est écrit : « Il faut reconnaître que ce choix implique un différé de trois à quatre mois pour l’encaissement du prix de la licence et de plus de 12 mois pour la mise à la disposition du public du service recherché.
Ces quelques faiblesses peuvent être rapidement compensées par la crédibilité du processus d’attribution et l’image ainsi véhiculée dans un secteur tant convoité. De ce qui précède, la commission interministérielle recommande de déclarer infructueux l’appel d’offres actuel et de lancer dans les plus brefs délais un nouveau processus d’adjudication sur la base d’un nouveau cahier des charges mieux élaboré » Dans la seconde conclusion il est écrit : « la commission suggère : a)
Si les réserves formulées par SONATEL peuvent être levées et si aucune autre raison ne s’y oppose, d’engager des négociations avec cette société. b) Le cas échéant, ETI SA qui ne pose aucune réserve, pourrait être rapprochée si les négociations n’aboutissaient pas positivement avec SONATEL c) En dernier ressort, si aucune de ces négociations n’était positive, de relancer un appel d’offres sur la base d’un cahier des charges mieux élaboré » Ces deux contradictoires conclusions d’un même rapport ont été remis au président de la République, le Général Lansana Conté et se trouvaient le samedi 18 juin 2005, sur le siège avant de son véhicule.
Dossier à suivre A.M.
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